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Le plâtre
abrite la vie
Une profession qui, outre sa vocation
originelle de monter des cloisons,
des plafonds... permet de s'adonner
à la décoration et à
la restaurationTrès riche par
sa diversité et son savoir-faire,
elle permet aux jeunes qui ont une
bonne pratique du métier de
pouvoir s'installer aisément
sans trop d'investissement.
Les métiers du bâtiment
sont, pour la plupart, fort méconnus
de la population en général,
et des jeunes en particulier. Pourtant,
ils recèlent un savoir-faire,
une diversité et des débouchés
insoupçonnés.
Lorsqu'on évoque le métier
de plâtrier, on songe tout naturellement
à l'enduit de plâtre
qui recouvre les cloisons. Le plâtrier
est celui qui participe à la
finition intérieure d'une maison
puisque c'est lui qui monte les cloisons,
les plafonds, procède à
l'enduit de plâtre, mais aussi
à la décoration avec
la création de corniches, de
moulures ou de rosaces qui ornent
les plafonds.
« C'est un métier qui
a beaucoup évolué. Le
plâtre, en tant que matériau
noble, s'est énormément
amélioré. Il en découle
une facilité d'emploi et une
pratique plus aisée. La machine
à plâtrer est une véritable
révolution pour le métier.
Elle permet de projeter un plâtre
allégé, le travail est
plus propre, mais il faut quand même
travailler! Il en va de même
avec l'outillage et les échafaudages
qui facilitent le travail. Enfin,
nous utilisons des produits modernes,
genre carreaux secs, briques calibrées
et allégées, ou plaques
de plâtre », dit Serge
Gambin, adhérent à la
Capeb.
Et il sait de quoi il parle: chez
les Gambin, on se passe le relais
puisque ce métier se pratique
depuis trois générations.
DE NOMBREUX DEBOUCHES
« Dans le métier, la
moyenne d'âge est élevée.
A Lannemezan, il n'y a plus que quatre
plâtriers et, à deux-
trois ans de la retraite, je suis
le plus jeune à exercer. Pourtant,
c'est un métier d'avenir et
il offre d'énormes possibilités.
Un jeune qui connaît bien le
métier n'a pas besoin de beaucoup
d'investissements pour s'installer
», ajoute-t-il.
Au-delà de travailler à
la construction de maisons ou de bâtisses
neuves, le plâtrier évolue
dans de vaste champ d'activités,
et non des moindres, puisqu'il contribue
à la décoration, à
la rénovation et à la
restauration du patrimoine. «
Dans la construction d'habitats neufs,
lorsque le plâtrier a apporté
sa touche, la maison n'est plus la
même, elle prend forme complètement.
Nous travaillons aussi beaucoup dans
la rénovation et dans la restauration,
qui requiert une culture et un savoir-faire
du bâti ancien. C'est une profession
très variée et enrichissante.
Nous constatons que les gens ont tendance
à revenir au traditionnel.
La finition n'est pas la même,
la durée de vie incomparable
», dit Jean Campistro.
Et les plâtriers sont aussi
des conseillers: « Notre rôle
est aussi de guider notre clientèle
et de leur donner des conseils. Dans
les campagnes, on entretient des relations
amicales avec la clientèle.
C'est très convivial »,
poursuit Serge Gambin.
Le plâtrier évolue dans
un espace de création et de
liberté. « C'est un métier
où on est sans cesse en mouvement
et en renouvellement: on change d'endroits,
de clients, de travaux, de décors.
La variété fait qu'on
ne se lasse jamais de cette activité.
En fait, on travaille avec le même
plâtre, mais jamais sur le même
chantier. Et il n'est de plus grande
satisfaction que de voir le travail
achevé. »
La passion à faire de la belle
ouvrage apporte au plâtrier
que la réalise cette satisfaction
profonde qui nourrit l'amour du métier.
Un matériau
remarquable
L'origine de la découverte
du plâtre se perd dans la nuit
des temps. La plus ancienne trace
remonte au IVe millénaire avant
Jésus- Christ: des enduits
de plâtre et chaux ont servi
de support à des fresques décoratives.
Dans l'Antiquité, les Egyptiens
ont beaucoup utilisé le plâtre.
La grande pyramide, élevée
2.800 ans avant notre ère,
est l'un des témoignages de
ce brillant passé: les blocs
utilisés pour sa construction
furent assemblés et scellés
au plâtre. Les Grecs et les
Romains, non contents d'utiliser le
plâtre dans la construction,
s'en sont également servi pour
effectuer des moulages.
Une légende attribue la découverte
du plâtre à un berger
de Montmartre: ayant utilisé
des pierres de gypse, abondant en
cet endroit, pour construire un foyer
en plein air afin de cuire ses aliments,
il aurait constaté que, sous
l'effet d'une averse opportune, ces
pierres faisaient corps en se solidifiant
autour du foyer éteint, mettant
ainsi le plâtre parisien sur
la voie d'une invention très
utile pour l'humanité.
Fiche métier
du Platrier
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