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La course aux trésors
de l'historien Jacques Lapart
AUCH (32) : Entretien avec le conservateur
des antiquités et objets d'art
Professeur certifié d'histoire au
collège Salinis, Jacques Lapart possède
aussi un bureau à la préfecture:
celui de conservateur des antiquités
et objets d'art
Installé au deuxième sous-sol
du bâtiment, ce bureau discret s'ouvre
sur les jardins d'où les évêques
de l'ancien palais épiscopal dominaient
la vallée du Gers. Dès que
son métier d'enseignant lui laisse
quelques heures, l'historien (2) y retrouve
ses dossiers et son ordinateur pour mieux
mener ses investigations sur le terrain.
Puis, chercheur-inspecteur, Jacques Lapart
visite inlassablement les églises,
mairies, mais aussi demeures privées
du Gers... en quête des trésors,
souvent oubliés. Vestiges de notre
histoire, ils font la richesse d'un patrimoine
méconnu que, justement, Jacques Lapart
entend faire découvrir. Pour cela,
il s'investit dans une mission d'information
auprès des maires, lors de ses inventaires
communaux. Montrer ses trésors est
son deuxième objectif: après
des expositions et des publications, une
salle départementale des objets d'art
verra le jour en 2003.
A ce jour, 1.000 objets sont « inscrits
» sur l'inventaire supplémentaire
et autant sont « classés ».
200 communes sur les 463 que comptent le
département ont été
inventoriées.
UNE MISSION CENTENAIRE
Nommé en 1995 conservateur départemental
des antiquités et objets d'art, Jacques
Lapart hérite d'une mission centenaire
que la décentralisation a oubliée.
« Instaurée au début
du siècle dernier, avec un concept
19e siècle, c'est-à-dire sans
poste budgétaire, la mission de ce
conservateur était confiée
à un grand bourgeois disposant de
temps libre ou à une dame oisive
éclairée. Aujourd'hui, bien
que structurée la charge de conservateur
est principalement confiée, à
côté de leur métier,
à des archivistes départementaux,
des conservateurs du patrimoine ou des professeurs
d'histoire. Nous sommes nommés par
l'état.
Pour mener à bien ma tâche
de recensement et de protection des objets
mobiliers dispersés dans nos communes,
j'ai, par un dépliant, informé
les élus. Leur alerte me permet de
gagner du temps. Je peux ensuite les aider
à faire restaurer ce mobilier: on
peut obtenir 25 % d'aide pour un objet inscrit;
50 % pour un objet classé.
Je n'ai rien de beau dans mon village, me
dit-on souvent. En bavardant un peu, on
trouve dans les combles d'un clocher, sur
une vieille armoire, des tableaux de grande
valeur, des objets rares qui feraient la
curiosité d'un musée. D'ailleurs,
plusieurs de ces pièces ont participé
à des expositions: tels les vêtements
liturgiques d'un curé de Cologne
réalisés dans des habits de
cour comme cela se faisait au XVII e siècle.
»
Fiches métiers
du Conservateur
du patrimoine, Conservateur
de musée
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